Chroniques personnelles

Jeudi 28 juillet 2005 4 28 07 2005 04:31
Pour aller de la ville ancienne à la nouvelle, il faut emprunter un pont qui passe au-dessus de la rivière des parfums.
Il y en existe trois.
 
Le plus excentré est celui sur lequel passe le chemin de fer, la ligne Hué-Hanoi.
Il y a juste un petit passage pour les vélos et les mobylettes. Je ne le prends presque jamais car il est loin de mon trajet habituel et en plus, il est vraiment très étroit.
 
Le deuxième est le plus grand et réservé au passage des voitures, des camions et de tout le reste. Il n’a aucun charme particulier mais c’est sans doute le plus sûr car il est assez large. C’est le plus moderne aussi.
 
Le troisième est certainement le plus beau car le plus ancien, il a été construit par les Français. C’est celui que je prends trois fois par jour (matin, midi et soir) pour me rendre ou revenir de mon travail. C’est aussi le plus anarchique. Les klaxons sont omniprésents et il déverse un flux constant de passagers.
Ici, il n’y a aucune règle de conduite. On klaxonne pour prévenir que l’on double et les autres usagers n’ont qu’à se ranger pour laisser le passage. C’est évidemment comme cela que l’on roule dans tout le Vietnam mais comme le pont est étroit, c’est beaucoup plus évident de l’observer ici.
Heureusement, en principe, les voitures et camions n’ont pas le droit de passage lors des heures d’affluence mais quand cela se produit, la circulation est fortement ralentie. De temps en temps, un policier toujours présent à l’entrée du pont, empêche une charrette surchargée de s’y engager.
 
Ce pont est devenu le symbole de la ville car c’est le plus emprunté et le plus central.
Le week-end en soirée, il est illuminé et les couleurs changent progressivement. C’est sans doute synonyme de fête pour les Vietnamiens.
Lorsque je suis de bonne humeur, je trouve ça très sympathique.
Quand je prends le pont vers 13h30 pour aller travailler avec 35 degrés à l’ombre, cela a tendance à m’énerver. C’est surtout le bruit omniprésent des klaxons qui est assourdissant. Il faut près de 5 minutes par passage et à chaque fois, je suis soulagé de l’avoir passé. C’est un peu ce genre de moment qui rythme mes journées.
 
Sinon, Hué est le royaume du kitsch. Ce n’est sans doute pas aussi prononcé qu’en Chine mais ça n’en n’est pas si éloigné. La nouvelle ville est immonde (comme toutes les villes qui se construisent au Vietnam) et l’ancienne, sans conteste, pleine de charme.
Cette partie est la plus émouvante. A chaque fois, j’y vois de belles images. Des vieux avachis près d’un l’escalier, des maisons anciennes magnifiques, des vendeurs ambulants, un peu moins de bruit et surtout plus de végétation qu’ailleurs. C’est ce qui donne son atmosphère à Hué. Il faut un peu de temps pour s’en rendre compte mais ici tout rappelle le passé. Les vieux clichés occidentaux et nostalgiques de l’Asie trouvent leur place dans ce lieu.
 
Par Philippe
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Dimanche 20 novembre 2005 7 20 11 2005 12:37
Mes chiens sont des sales bêtes.
Ce sont des bâtards au poil dru et rêche. Ils ont de grandes oreilles triangulaires comme les chacals et les griffes trop longues comme les paresseux.
Ils ont en charge un grand territoire à surveiller. De jour comme de nuit, ils ne dorment que d’un œil, prêts à bondir sur l’intrus. Personne ne pénètre dans la cour sans escorte, pas même un chat, sous peine d’être dévoré.
Ils savent être menaçants, leurs babines se retroussent, leurs crocs pointent et plus rien ne saurait les empêcher d’aboyer.
Depuis, quelque temps, le noir se laisse apprivoiser. Il manifeste sa joie derrière le portail à notre retour : il bat de la queue, sourit et lèche les mains qui se débattent avec le cadenas. Il accompagne la moto ou le vélo, effectue « un salut au soleil » puis repart faire un somme. Le jaune reste hésitant.
 
Souvent, je les découvre au matin assoupis sur la terrasse. D’un morceau de pain ou de viande, je tente de les corrompre, ils s’enfuient, craintifs, et ne reviendront que pour lever la patte dans l’entrée lorsque j’aurai le dos tourné.
Mes chiens sont des sales bêtes.       
         
               

Par Bertille
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